1, Grand Rue Alimentation

UN PEU D’HISTOIRE (JLS)

Les gens sèchent et salent la viande et le poisson pour les conserver depuis des milliers d’années, et la morue salée est fabriquée depuis au moins les années 1500, lorsque les explorateurs européens se sont familiarisés avec les vastes pêcheries de morue des Grands Bancs de l’Atlantique Nord. Le poisson pouvait être fendu et nettoyé à bord du navire, puis ramené à terre pour être séché et salé afin de le conserver afin qu’il puisse être vendu en Europe. La morue salée est une morue qui a été séchée et salée pour la conserver, créant un morceau de plat pliable et compact qui peut se conserver pendant des mois dans de bonnes conditions. 

HAUTE BRETAGNE (MG)

Jadis après la messe, leurs journées étant très occupées, les fermières se rendaient à l’épicerie pour y acheter des produits qui leur faisaient défaut comme la morue et y échanger certaines des productions de la ferme comme les œufs ou le beurre contre du café, du sucre, de la chicorée et certains produits qui leur manquaient. Ainsi s’instituait naturellement un échange, de bonne entente, où chacun s’y retrouvait.     

À PLURIEN

Ma mère Madeleine Soulabaille prit la suite du magasin de ma grand-mère Marguerite Soulabaille et s’orienta uniquement vers l’alimentation. Elle recevait, des laiteries ou des fermes, de grosses mottes de beurre, beurre qu’elle vendait au poids et qu’elle pesait sur sa balance qui trônait au milieu de son comptoir situé à droite de la porte d’entrée du magasin. Certains fromages, outre le camembert, étaient vendus également, au poids, et emballés, comme le beurre, dans ce qu’on appelait du « papier à beurre », papier d’une transparence opaque. A cette époque nous n’avions pas trente six sortes de fromages seulement du camembert, du gruyère, du roquefort et parfois du Port-Salut.Au début nous n’avions pas de frigidaire et tout était conservé au frais dans des garde-manger.Ensuite mes parents achetèrent un frigidaire normal pour plus de sécurité alimentaire. Ma mère vendait également des yaourts dont les pots en verre étaient consignés et des œufs que lui apportaient les fermières.Derrière son comptoir on voyait des étagères où étaient rangées différentes conserves dont les marques n’étaient pas aussi variées que celles d’aujourd’hui. Sous l’escalier, à gauche de la porte d’entrée, elle stockait ses bouteilles remplies d’eau, de vin, de cidre livrées par Pierre Morgand. Elle y déposait aussi les bouteilles vides qui étaient consignées et qu’elle redonnait au négociant à la commande suivante. Les bouteilles d’huile livrées, dans des casiers en bois, étaient entourées de papier de soie que mon père Jeannot décollait pour nous servir de papier toilette. C’est dire comme tout était recyclé ; rien n’était perdu à cette époque et toutes ces pratiques étaient finalement bien écologiques. Elle vendait toutes sortes de fruits, exposés, l’été dans des cageots à l’extérieur, devant sa devanture et l’hiver posés sur son comptoir. Elle vendait également de la morue recouverte de gros sel et présentée dans des cageots mais également du gros sel, en sacs de jute, pour la conservation des viandes, par salaison, dans les saloirs. Ces sacs, très lourds car ils contenaient une grande quantité de gros sel, étaient pesé sur une bascule dans l’arrière boutique. Propos de Geneviève SOULABAILLE fille et petite fille de la famille SOULABAILLE recueillis et mis en images par Maripol Graffard